L’interview de Minna Riihimaki

Nous avons interrogé Minna Riihimaki, grande sportive de la vallée et source d’inspiration de beaucoup.

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Un grand merci à Minna pour le temps qu’elle a consacré à ces réponses.

En ces temps de chute de powder, cela nous donne envie de remonter là haut, avec un regard différent sur le ski.

1. Comment améliorer la pratique féminine de ton sport ?

Je ne fais pas beaucoup de distinction entre la pratique des hommes et des femmes  dans les sports de montagne. La seule chose vraiment qui saute aux yeux est le petit nombre de pratiquantes femmes.  Pourquoi ? Je me suis toujours posé la question… Et je ne pense pas qu’il y ait de réponse simple.

Comme dans tous les sports à risques, les bases de la pratique sont très importantes. Il ne faut pas sauter des étapes d’apprentissage. S’inspirer de chaque moment et de l’occasion de sortie avec des plus expérimentés !  Je ne peux qu’encourager  les femmes à s’exprimer dans ce qui leur plait. Les contraintes du quotidien sont certainement plus restrictives pour les femmes que les contraintes physiques dans les sports de montagne, qui demandent beaucoup d’investissement et de liberté horaire. Une bonne organisation est le mot clé.

J’ai une pratique passionnée du ski de montagne (freeride et pente raide) en hiver et du vtt de descente en été. Ce sont 2 sports très complémentaires, autant dans la gestion et prise de risque que dans le type de terrain de jeu et besoin d’un entrainement assidu.

2. Quelle femme sportive t’inspire ? Pourquoi ?

Il y a plein de femmes remarquables et il est difficile d’en nommer une. S’il faut, ça sera Lynn Hill je pense. Elle a su frayer son chemin à l’époque dans un  milieu et dans un monde très masculin. Son niveau de performance sportive égalait celle des hommes et elle a démontré qu’avec la détermination et la motivation, il était possible de déplacer et de franchir des murs…

3. As-tu grandi dans un milieu culturel et social qui correspond à celui de ton sport de prédilection ?

Je suis d’origine finlandaise et j’ai grandi dans mon pays jusqu’à l’âge de 21 ans, dont 2 ans en Afrique et une année au Canada.

La Finlande est un pays plutôt plat, en revanche le climat potentiellement rude et contrasté, ce qui reste une bonne école en ce qui concerne le regard et l’attitude que l’on doit avoir sur la nature et ses forces.  La haute montagne n’existe pas en Finlande, ni les pentes vertigineuses et longues.

J’ai eu la chance de grandir dans une famille avec des parents sportifs et avec 2 frères qui se sont assurés que j’ai un caractère à me débrouiller dans un milieu masculin.

Depuis toute jeune j’ai pratiqué des sports d’endurance avec mes parents. Quand ils allaient faire de la course à pied, je les accompagnais en vélo au début et ensuite en courant. J’ai des souvenirs nets de ma mère qui faisait des zig-zag et des allers retours pour ne pas trop s’éloigner de moi en courant.  Mon père m’a appris à faire du ski de fond et surtout du skating même avant que cette technique vraiment existe.

Avec mes frères on taillait des sauts pour s’amuser avec les skis aux pieds dans le champ juste derrière la maison qui était en pente jusqu’au bord du lac.

Pendant les vacances on partait vers les stations de ski, ce qui m’a permis d’apprendre les bases, si importantes !

Donc pour répondre à la question, c’est oui et non.

Oui pour la partie de base pour une éducation sportive. Savoir s’entrainer, affronter des conditions climatiques et naturelles différentes et changeantes, estimer ses capacités et ses forces, savoir se surpasser quand il le faut ou au contraire prendre un pas arrière…

Non en ce qui concerne le terrain montagneux.  J’avais cette idée en tête de faire mes études en Français et je me suis retrouvée étudiante à la faculté de médecine de Grenoble en 1994.  Je me suis simplement inscrite là où je pouvais entamer mes études en habitant le plus près de la montagne.

J’ai toujours eu cette attirance vers la pente et la beauté de la haute montagne.  Quelques années après, je me suis vue remettre le diplôme de chirurgien-dentiste de la Faculté de médecine de Genève, en étant déjà basée à Chamonix.

Les années à Grenoble m’ont offert les rencontres  avec les amis qui m’ont introduit à la montagne. Des amis passionnés et heureux de partager leur savoir.  J’ai vite été mordu par leur passion qui est devenue aussi vite la mienne.

Ensuite à Chamonix, par de nouvelles rencontres, j’ai continué à progresser et à cibler ma pratique. J’ai découvert le sponsoring, les shootings, les expéditions. Des expériences  inoubliables dont chacun compte dans mon parcours.

4. Un mot pour vaincre des sommets et pour progresser dans la pratique?

La persévérance, la motivation et la détermination.

Savoir rester humble, se surpasser, renoncer.

S’écouter et observer.

L’intuition.

Un savant mélange de ces éléments, avec l’expérience  acquise en prenant le temps, permettent de fonder des bases solides. Personne n’est  à l’abri des erreurs, il faut en profiter pour apprendre.

Ma devise de tous les jours quand je suis là-haut, est de considérer chaque sortie et chaque descente comme si c’était la première fois.  La montagne change et la montagne ne choisit pas, mieux vaut l’aborder avec respect et considération.  La récompense  et le plaisir seront toujours là !

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