Marion Poitevin, Guide de Haute-Montagne

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Marion, face Nord des Grandes Jorasses

Au cours de cet été, nous avons eu la chance de boire un café avec Marion Poitevin, première femme au GMHM et alpiniste hors du commun. Elle a bien voulu répondre à nos petites questions et ça donne un bel interview, merci Marion !

  1. Comment pensez vous pouvoir améliorer la pratique féminine de votre sport ?
     
    Je pense que le problème, en général, est que les femmes manquent de confiance en elles pour essayer des voies un peu plus dures, nouvelles ou en terrain d’aventure. Et que les hommes les encouragent très peu à se surpasser, de peur qu’elles se surpassent et les surpassent aussi peut-être…
    Mais aujourd’hui, de plus en plus de femmes pratiquent, avec leur copain, entre copines. Elles ont de plus en plus confiance en elles, et moi aussi du coup. Pour améliorer la pratique féminine en alpinisme, osons!
  2. Quelle femme sportive vous inspire ? Pourquoi?
     
    J’ai été très inspirée par Lynn Hill. En effet, elle avait réalisé une première là où les meilleurs grimpeurs du moment avaient échoué. C’était l’ascension en libre du « Nose » sur la paroi de El Capitain en 1993. Mes performances étaient souvent plafonnées, dans ma tête, par celles de mes camarades masculins. Elle nous a montré que ce n’était pas toujours le cas.
     
  3. Avez-vous grandi dans un milieu culturel et social qui correspond à celui de votre sport de prédilection?
     
    J’ai grandi à la Roche sur Foron, au pied des montagnes. La culture montagne n’y est pas très forte mais qu’importe, je voulais aller là-haut. Pendant que les autres traînaient au skate park, je lisais les topso de Piola et avec mon vélo, puis en marchant, j’allais au sommet de la Roche Parnal, car depuis là-haut on pouvait voir le Mont-Blanc!
    Ensuite mes parents ont toujours suivi ma motivation. Ils se sont investi au CAF de la Roche/Bonneville pour le ski de randonnée, ils m’ont encouragé à passer le BE escalade puis l’AMM et enfin le diplôme de guide de haute montagne.C’est donc un milieu où des opportunités pour faire de l’alpinisme existent, mais il faut tout de même être motivé car elles ne sont pas si nombreuses, surtout pour une jeune fille de 15 ans. Personne n’a imaginé à l’époque que je passerai un jour le diplôme de guide de haute montagne, même pas moi !
  4.  Un mot à dire aux lectrices qui rêvent de vaincre des sommets et progresser dans leurs pratiques? 
    Osons! 
    A un moment, j’avais peur d’aller dans les 8a, peur d’échouer. Alors j’enchaînais les 7c et 7c+ flash. Chloé Graftiaux, une grimpeuse exceptionnelle disparue jeune, m’avait dit avec naturel : » Si tu veux grimper des 8a, il faut aller dans les 8b! »  Et elle me conseillait carrément d’aller dans un 8b!!! Je n’ai pas suivi son conseil à la lettre, mais je suis tout de même allée dans un 8a, que j’ai enchaîné flash, et un autre au 1er essai.
    Ce concept est applicable dans la vie de tous les jours. Aussi bien dans une carrière professionnelle, que dans le quotidien. Si l’on veut accéder à un certain poste, autant tout mettre en oeuvre pour accéder à celui du dessus. Comme ça, on est plus sûr d’avoir le poste désiré, et éventuellement celui au-dessus aussi…! »
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